Fédération LGBT : le débat sur la GPA s’invite à Nancy

Ce week-end, les samedi 5 et dimanche 6 juillet, Equinoxe Nancy Lorraine – en collaboration avec l’Association Nationale Transgenre – accueille à Nancy les 30èmeRencontres de la Fédération LGBT(Lesbienne, Gay, Bi, Transgenre). Cette Fédération, qui unit associations et centres LGBT à travers toute la France, rassemble plusieurs centaines d’associations de terrain LGBT,dans plus de 20 villesde province : Toulouse, Lyon, Nice, Lille, Bordeaux, Nantes, Rennes, Nancy, Dijon, Orléans, Angers, Perpignan, Agen, La Rochelle, Saintes, etc. Equinoxe Nancy Lorraine y joue un rôle très actif depuis 2008, et y gère notamment la trésorerie.

À l’occasion de ces rencontres, les travaux du samedi après-midi seront notamment consacrés à un débat ouvert sur la gestation pour autrui (GPA), qui cristallise aujourd’hui nombre de tensions et de désaccords. Les échanges seront construits autour de trois interventions extérieures :

  • Philippe Reigné, juriste et professeur de droit, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, et éminent spécialiste du droit de la famille ;
  • Dominique Mennesson, président de l’association C.L.A.R.A. militant pour la GPA, et à l’origine de la condamnation récente de la France par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour un refus de reconnaître la filiation et la nationalité française de 2 enfants nés par GPA ;
  • Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’« Osez le Féminisme !», association opposée à la GPA.

Les enjeux de ce débat sont de taille. Agité en épouvantail par la nébuleuse « Manif pour Tous & consorts » comme un objectif ultime du militantisme LGBT – alors qu’il s’agit en réalité d’une procédure actuellement interdite en France aux couples homosexuels comme aux couples hétérosexuels –, la question de la GPA est une question complexe, impossible à trancher d’un revers de main. C’est aussi une potentielle ligne de fracture entre le mouvement LGBT et le mouvement féministe. Dans ces conditions, il est du rôle de la Fédération LGBT d’anticiper ce débat de manière ouverte et sereine afin d’éviter – en ayant toujours comme garde-fou l’intérêt des enfants – les oppositions entre des mouvements dont l’objectif est théoriquement le même : la libre disposition de son corps et de son genre.

La Fédération abordera évidemment de nombreuses autres questions : ouverture de la PMA à toutes les femmes, égalité des enfants au sein de la République, changement d’état civil libre et gratuit, montée de l’homophobie à la française…

L’ensemble des travaux se dérouleront au Conseil général de Meurthe-et-Moselleà Nancy. Fidèle à l’engagement de toujours du regretté Michel Dinet, le nouveau président, M. Mathieu Klein, accueillera des délégués venus de la France entière, témoignant de son engagement contre toutes les discriminations, et du soutien affirmé du Conseil général à l’égalité des droits.