Agression homophobe à Nancy : le chauffeur de bus condamné

En mars dernier, deux jeunes lycéennes avaient été agressées par un chauffeur de bus de l’agglomération, suscitant un vif émoi à Nancy. Au prétexte qu’elles échangeaient un bisou à la sortie du lycée, le conducteur leur avait jeté une bouteille d’eau, et avait clairement revendiqué la nature homophobe de son geste à l’une des jeunes filles venue demander des explications après cette agression inqualifiable.

Pour aider les deux mineures à obtenir justice, Équinoxe Nancy Lorraine les a accompagnées dans leurs démarches juridiques, et s’est portéepartie civile avec l’aide de son avocat, Maître Massé, et le soutien militant de la Fédération LGBT.

Un jugement exemplaire, et un avertissement à tous les homophobes !

Jeudi 25 septembre 2014, en première instance, le chauffeur de bus a été condamné pénalement à suivre, à ses frais, un stage de citoyennetécontre les discriminations. Il a également été condamné civilement à verser desdommages et intérêts,à hauteur de 500 euros, aux victimes et à Équinoxe, et à prendre à sa charge les frais de procédure des différentes parties.

Équinoxe et la Fédération LGBT se félicitent de ce verdict. La sanction, significative, rend justice aux deux jeunes filles, mais reste malgré tout proportionnéeau geste ; elle laisse à l’agresseur une chance de tourner la page, même si son déni de l’agression lors de l’audience nous laisse un peu pessimistes. Mais la peur de la sanction peut aider, là où le sens du « vivre ensemble » fait défaut.

Il est temps que la peur change de camp…

Équinoxe avertit les homophobes : l’association se portera systématiquement partie civile auprès des victimes ! Nous userons sans complexe de tous les outils juridiques et militants à notre disposition pour faire condamner celles et ceux qui menacent l’intégrité physique et morale des personnes LGBT, et de leurs amis.

Ce verdict doit servir de leçon aux agresseurs potentiels, etinciter toutes les victimes de l’homophobie ordinaire à ne plus se sentir isolées, et à demander réparation. Pour éradiquer l’homophobie, il faut que force reste à la loi. Et que chacun/e puisse vivre en sécurité, à Nancy comme dans tout le pays.