Assemblée générale d’Équinoxe : une asso’ qui grandit et qui mûrit

Le 21 janvier 2017, lors de sa neuvième assemblée générale, Équinoxe Nancy a réuni ses membres dans les locaux du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, en présence des associations du Centre LGBT de Lorraine-Sud.
À cette occasion, le bureau de l’association a présenté son bilan, en présence de Delphine RAVISÉ-GIARD (porte-parole de l’Association Nationale Transgenre), d’Audrey PENVEN (responsable de Spoutnik Nancy) et de Stéphanie NICOT (Présidente de la Fédération LGBT). Nous y avons rendu compte de nos activités, marquées cette année par la campagne à destination des jeunes adultes, par les demandes en provenance du secteur éducatif, mais aussi par l’accueil d’un nombre croissant de réfugié·e·s LGBTI dans nos locaux.
Cette croissance des activités va de pair avec la croissance du nombre d’adhérent·e·s : 163 à jour de cotisation cette année, soit une augmentation de 29 %. Nous avons dégagé des priorités pour faire face à cette progression : une meilleure maitrise du droit et de l’accueil des réfugié·e·s, le renouvellement des responsables associatifs par la formation des jeunes, dès la rentrée prochaine, et l’approfondissement du projet éducatif de l’association. En outre, en dépit d’un conseil d’administration mixte et divers depuis 2008, Équinoxe travaillera à mieux intégrer les femmes et toutes les minorités dans ses instances pour être encore plus représentative.
Financièrement, la générosité de ses membres et le soutien du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle permettent pour l’instant à Équinoxe d’assurer la pérennité de ses activités. Toutefois, la subvention versée par le Conseil départemental a été revue à la baisse, probablement en raison de la disette budgétaire actuelle. Pour l’heure, outre l’absence de subvention de la Ville de Nancy depuis 2014, nous sommes tributaires d’un contexte national de réduction des subventions publiques qui menace l’avenir de nos financements. Le contexte électoral a été largement discuté. Nous suivrons les scrutins présidentiels et législatifs avec attention, en nous appuyant sur le contenu des programmes des différents candidats et candidates, sans appel au vote. Il est clair, en l’espèce, que la PMA sera la pomme de discorde de ces élections.
La Ville de Nancy a récemment demandé à rencontrer nos associations. Malgré un contentieux très lourd (intégration de leaders régionaux de La Manif Pour Tous au conseil municipal, suppression de toute subvention au Centre LGBT de Lorraine-Sud, soutien financier massif à des groupuscules gays marqués politiquement à droite, etc.), les associations du Centre LGBT ont accepté ce rendez-vous, qui s’est tenu à l’Hôtel de Ville le 12 janvier 2017. Nous avons rendu compte de ces discussions à nos adhérent·e·s. Nous y avons notamment exprimé notre inquiétude face au choix de Laurent Hénart, maire de Nancy et président du Parti Radical, de soutenir François Fillon (hostile à tous nos droits et anti-IVG notoire) à l’occasion de l’élection présidentielle (après avoir soutenu Alain Juppé à la primaire de la droite…). La Ville ne nous ayant pour le moment pas fait connaître ses propositions éventuelles, aucun partenariat n’est à l’ordre du jour pour l’instant. Laurent Hénart veut-il, au-delà des élections du printemps 2017, renouer un dialogue constructif avec le Centre LGBT de Lorraine-Sud ?[1] L’avenir le dira.
Nous pouvons donc nous réjouir d’un bilan remarquable, largement validé par nos membres. Comme tout bilan, il reste perfectible : notre association doit en effet travailler aux conséquences de l’accroissement et de la diversification de ses activités, en particulier en améliorant son fonctionnement et en diversifiant ses ressources (les dons, par exemple, doivent être encouragés). Le fonctionnement interne du Centre LGBT et de ses trois associations partenaires (Équinoxe Nancy, l’Association Nationale Transgenre et Spoutnik Nancy) fera l’objet d’une réflexion commune de nos structures au cours de l’année.
[1] Soulignons que Nancy est, actuellement, la seule ville de France où une municipalité a coupé toute subvention au Centre LGBT de la ville.