Equinoxe a 10 ans et s'engage dans l'unité

Communiqué de presse du 21 janvier 2018
Le 20 janvier 2018 au siège du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Équinoxe a convié ses membres à l’assemblée générale annuelle, qui vient de conclure sa dixième année d’existence, dans une forte unité symbolisée par l’approbation à l’unanimité des rapports d’activité et financier. L’occasion de faire le point sur nos activités.
Notre association compte désormais 181 membres à jour de cotisation, ce qui la place à égalité avec son homologue et aînée messine Couleurs Gaies. Constituée en Centre LGBT depuis février 2012, Équinoxe travaille main dans la main avec l’Association Nationale Transgenre et accueille désormais dans ses locaux le siège social de l’association étudiante Spoutnik et, depuis juin, l’Association Culturelle Gaie et Lesbienne des Sourds de France (ACGLSF).
Dix ans après sa fondation, les équipes de l’association ont évolué. Équinoxe n’a toutefois pas perdu une marque de fabrique qui a fait son succès : une fermeté implacable sur les revendications et l’indépendance vis-à-vis des élu·e·s. Sans sectarisme certes, mais sans compromission également. Partenaire du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle depuis ses débuts, le centre et ses associations membres travaillent chaque semaine à l’accueil des personnes LGBTI.
Cet accueil est organisé dans des conditions spartiates : locaux exigus, travail entièrement bénévole, matériel de récupération tous azimuts. Et pour cause : le Centre LGBTI de Nancy est sans doute le moins bien financé de France ! Même si le Conseil départemental nous a affirmé son soutien (y compris les élu·e·s d’opposition), notre trésorerie repose sur un volume de dons par nature fluctuant. Nous faisons alors avec les moyens du bord, avec détermination et solidarité.
Acteurs associatifs responsables, nous avions entamé un dialogue franc mais constructif avec la Ville de Nancy. Après une réunion électrique en janvier avec les élu·e·s de la majorité, nous avions accepté de porter la parole associative lors de l’hommage annuel à Jean- Pierre Humblot, victime d’un meurtre homophobe et transphobe le 1er aout 2003. Toutefois, cet évènement a été boycotté par l’Association Nationale Transgenre après que la Ville a refusé d’apporter une réponse honnête sur le dossier des notifications de changement de prénom. D’une main, la municipalité nous invitait au dialogue et, de l’autre, injuriait les nôtres. Que dire ? Que faire ? Pour l’heure, alors que l’échec très prévisible du projet municipal de « Maison LGBT » est désormais patent, nous avons d’autres chats à fouetter que de déblayer un champ de ruines.
Notre travail quotidien est marqué, depuis près de 2 ans, par l’accompagnement des personnes LGBTI en situation de demande d’asile. Plus de cinquante d’entre elles a passé nos portes, depuis l’ouverture d’un programme d’accompagnement entièrement bénévole. Notre travail consiste alors, en complément des travailleurs sociaux de l’ARS et des CADA, à renforcer une estime de soi malmenée par une gestion calamiteuse de l’État, à peaufiner les « récits de vie » envoyés à l’OFPRA et à la CNDA et à préparer les rudes entretiens où elles sont appelées à se rendre, pour « justifier », « prouver » leur orientation sexuelle et le danger que cette dernière leur fait courir.
Nous avons sensibilisé nos membres au parfum d’amateurisme qui se dégage de la gestion de ce dossier par les élus nationaux et locaux. Ainsi, la circulaire Collomb du 12 décembre 2017 remet en cause l’accueil inconditionnel des personnes en situation de demande d’asile : les proxénètes, trafiquants et autres magouilleurs s’en frottent les mains. La position des élus locaux visant à démanteler le centre d’hébergement de la Caserne Faron n’est guère mieux inspirée.
Comme à l’accoutumée, nous n’avons pas esquivé les enjeux des élections de 2017. Nous avons pris position point par point, localement et nationalement (via la Fédération LGBT). Un nouveau cycle politique s’est ouvert, et nous attendons l’égalité de traitement de tou·te·s citoyen·ne·s face à l’assistance médicale à la procréation, et un débat enfin apaisé sur la GPA, prenant en compte avant tout l’intérêt des enfants et des familles.
Quelques dossiers ont été, cette année et faute de temps, remisés à plus tard. Nous misons sur 2018 pour peaufiner notre organisation. Nous avons bénéficié de l’aide précieuse de nos partenaires de l’IREPS (Instance Régionale d’Éducation et de Promotion de la Santé), dans le cadre de nos travaux sur les interventions en milieu scolaire. Les partenariats fructueux engagés avec AIDES Lorraine devraient être reconduits cette année, là encore dans la convivialité et le souci permanent de proposer un service de qualité à l’ensemble de nos usager·e·s en matière de santé.
Après dix ans de travail déterminé, nous nous sommes donnés rendez-vous pour la Marche des Fiertés LGBTI en juin et pour la prochaine assemblée générale qui aura lieu en janvier 2019.