Assemblée générale d’Équinoxe : une asso’ qui grandit et qui mûrit

Le 21 janvier 2017, lors de sa neuvième assemblée générale, Équinoxe Nancy a réuni ses membres dans les locaux du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, en présence des associations du Centre LGBT de Lorraine-Sud.
À cette occasion, le bureau de l’association a présenté son bilan, en présence de Delphine RAVISÉ-GIARD (porte-parole de l’Association Nationale Transgenre), d’Audrey PENVEN (responsable de Spoutnik Nancy) et de Stéphanie NICOT (Présidente de la Fédération LGBT). Nous y avons rendu compte de nos activités, marquées cette année par la campagne à destination des jeunes adultes, par les demandes en provenance du secteur éducatif, mais aussi par l’accueil d’un nombre croissant de réfugié·e·s LGBTI dans nos locaux.
Cette croissance des activités va de pair avec la croissance du nombre d’adhérent·e·s : 163 à jour de cotisation cette année, soit une augmentation de 29 %. Nous avons dégagé des priorités pour faire face à cette progression : une meilleure maitrise du droit et de l’accueil des réfugié·e·s, le renouvellement des responsables associatifs par la formation des jeunes, dès la rentrée prochaine, et l’approfondissement du projet éducatif de l’association. En outre, en dépit d’un conseil d’administration mixte et divers depuis 2008, Équinoxe travaillera à mieux intégrer les femmes et toutes les minorités dans ses instances pour être encore plus représentative.
Financièrement, la générosité de ses membres et le soutien du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle permettent pour l’instant à Équinoxe d’assurer la pérennité de ses activités. Toutefois, la subvention versée par le Conseil départemental a été revue à la baisse, probablement en raison de la disette budgétaire actuelle. Pour l’heure, outre l’absence de subvention de la Ville de Nancy depuis 2014, nous sommes tributaires d’un contexte national de réduction des subventions publiques qui menace l’avenir de nos financements. Le contexte électoral a été largement discuté. Nous suivrons les scrutins présidentiels et législatifs avec attention, en nous appuyant sur le contenu des programmes des différents candidats et candidates, sans appel au vote. Il est clair, en l’espèce, que la PMA sera la pomme de discorde de ces élections.
La Ville de Nancy a récemment demandé à rencontrer nos associations. Malgré un contentieux très lourd (intégration de leaders régionaux de La Manif Pour Tous au conseil municipal, suppression de toute subvention au Centre LGBT de Lorraine-Sud, soutien financier massif à des groupuscules gays marqués politiquement à droite, etc.), les associations du Centre LGBT ont accepté ce rendez-vous, qui s’est tenu à l’Hôtel de Ville le 12 janvier 2017. Nous avons rendu compte de ces discussions à nos adhérent·e·s. Nous y avons notamment exprimé notre inquiétude face au choix de Laurent Hénart, maire de Nancy et président du Parti Radical, de soutenir François Fillon (hostile à tous nos droits et anti-IVG notoire) à l’occasion de l’élection présidentielle (après avoir soutenu Alain Juppé à la primaire de la droite…). La Ville ne nous ayant pour le moment pas fait connaître ses propositions éventuelles, aucun partenariat n’est à l’ordre du jour pour l’instant. Laurent Hénart veut-il, au-delà des élections du printemps 2017, renouer un dialogue constructif avec le Centre LGBT de Lorraine-Sud ?[1] L’avenir le dira.
Nous pouvons donc nous réjouir d’un bilan remarquable, largement validé par nos membres. Comme tout bilan, il reste perfectible : notre association doit en effet travailler aux conséquences de l’accroissement et de la diversification de ses activités, en particulier en améliorant son fonctionnement et en diversifiant ses ressources (les dons, par exemple, doivent être encouragés). Le fonctionnement interne du Centre LGBT et de ses trois associations partenaires (Équinoxe Nancy, l’Association Nationale Transgenre et Spoutnik Nancy) fera l’objet d’une réflexion commune de nos structures au cours de l’année.
[1] Soulignons que Nancy est, actuellement, la seule ville de France où une municipalité a coupé toute subvention au Centre LGBT de la ville.
 

Le sexisme, enjeu vital pour le mouvement LGBTI

Mardi 7 février s’est tenu à la Cour d’appel de Nancy le procès en deuxième instance entre Équinoxe Nancy et deux des membres du groupuscule néofasciste « Lorraine Nationaliste », poursuivis pour menaces de mort faites à raison de l’orientation sexuelle depuis juin 2014, suite au déploiement d’une banderole haineuse au terme de la Marche des Fiertés LGBT de Nancy, invitant les manifestant-e-s à « aller brûler en enfer ».
Condamnés en première instance le 30 janvier 2015 par le Tribunal correctionnel de Nancy à 6 et 8 mois d’emprisonnement avec sursis, à 3000€ de dommages-intérêts et à la prise en charge des frais de justice, les deux prévenus ont cette fois été relaxés par la Cour d’appel.
Notre association Équinoxe est extrêmement choquée du dénouement de cette audience, qui intervient au terme de près de 3 ans de procédure. Si la défense a invoqué, comme nous l’attendions et à l’image de l’audience en première instance, « un procès fait à des idées politiques qui dérangent » et « son droit à la liberté d’expression », nous espérions un message de grande fermeté envoyé par l’institution judiciaire à ce groupe néofasciste extrêmement virulent, dont les sympathisants n’avaient pas hésité à menacer directement l’officier de police qui a mené l’enquête.
Au-delà du seul cas des militant-e-s de Lorraine Nationaliste, cette décision judiciaire est un signal particulièrement inquiétant pour les minorités les plus discriminées, qui ne seront pas protégées par la jurisprudence face aux formations les plus radicalisées et les plus haineuses qui sévissent sur le territoire français. Menacer violemment une manifestation festive en faveur de l’égalité des droits relèvera désormais de la liberté d’expression.
Équinoxe Nancy, Centre lesbien gay bi & transgenre de Lorraine-Sud, a encore la possibilité de former un pourvoi devant la Cour de cassation, et étudiera dans les prochains jours les différents recours dont elle dispose avec son avocat Me Stéphane Massé.
 
 

Équinoxe c/ Lorraine Nationaliste : les militants néofascistes relaxés en appel !

A Nancy, le 16 mars 2017
Mardi 7 février s’est tenu à la Cour d’appel de Nancy le procès en deuxième instance entre Équinoxe Nancy et deux des membres du groupuscule néofasciste « Lorraine Nationaliste », poursuivis pour menaces de mort faites à raison de l’orientation sexuelle depuis juin 2014, suite au déploiement d’une banderole haineuse au terme de la Marche des Fiertés LGBT de Nancy, invitant les manifestant-e-s à « aller brûler en enfer ».
Condamnés en première instance le 30 janvier 2015 par le Tribunal correctionnel de Nancy à 6 et 8 mois d’emprisonnement avec sursis, à 3000€ de dommages-intérêts et à la prise en charge des frais de justice, les deux prévenus ont cette fois été relaxés par la Cour d’appel.
Notre association Équinoxe est extrêmement choquée du dénouement de cette audience, qui intervient au terme de près de 3 ans de procédure. Si la défense a invoqué, comme nous l’attendions et à l’image de l’audience en première instance, « un procès fait à des idées politiques qui dérangent » et « son droit à la liberté d’expression », nous espérions un message de grande fermeté envoyé par l’institution judiciaire à ce groupe néofasciste extrêmement virulent, dont les sympathisants n’avaient pas hésité à menacer directement l’officier de police qui a mené l’enquête.
Au-delà du seul cas des militant-e-s de Lorraine Nationaliste, cette décision judiciaire est un signal particulièrement inquiétant pour les minorités les plus discriminées, qui ne seront pas protégées par la jurisprudence face aux formations les plus radicalisées et les plus haineuses qui sévissent sur le territoire français. Menacer violemment une manifestation festive en faveur de l’égalité des droits relèvera désormais de la liberté d’expression.
Équinoxe Nancy, Centre lesbien gay bi & transgenre de Lorraine-Sud, a encore la possibilité de former un pourvoi devant la Cour de cassation, et étudiera dans les prochains jours les différents recours dont elle dispose avec son avocat Me Stéphane Massé.

Élections présidentielles : un vote décisif

Communiqué de presse du 21 avril 2017
L’élection présidentielle qui se déroulera dès dimanche prochain sera décisive pour les droits des personnes Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles, Transgenres et Intersexes (LGBTI). Elle se déroule dans un contexte mondial et européen tendu, où la vie et les droits des personnes LGBTI sont clairement mis en danger par des gouvernements ouvertement homophobes et transphobes, comme en témoignent la situation qui se dégrade aux Etats-Unis ou la tragédie en Tchétchénie.

Nous déplorons le front uni de la droite extrémisée et de l’extrême-droite, qui communient main dans la main dans cette atmosphère d’homophobie et de xénophobie. Si leurs programmes sont ouvertement homophobes, leurs propositions non moins xénophobes menacent de façon immédiate le droit à l’existence des demandeuses et demandeurs d’asile LGBTI. Nous avons une pensée pour celles et ceux dont nous défendons les droits au quotidien. Or, bien que directement concernées, ces personnes n’ont pas le privilège du droit de vote. Voter est donc un devoir moral à leur égard.
Notre consternation est totale face au choix de Laurent Hénart, maire de Nancy, de soutenir jusqu’au bout la candidature de François Fillon, de s’afficher sans vergogne parmi ses principaux soutiens lors du « grand débat » en prime-time sur TF1 !
La droite française devra un jour faire son aggiornamento sur les questions d’identité de genre, d’orientation sexuelle, voire de lutte contre le sexisme. Dans le monde, des partis de droite ont fait ce travail humaniste et sont en effet parfois à l’origine de grands progrès sur les questions LGBTI (comme au Canada ou en Colombie, entre autres).
Nous constatons encore qu’en 2017 les LGBTI-phobies sont fortement présentes dans beaucoup de programmes présidentiels. Et cela vaut également pour des candidat(e)s qui prétendent sincèrement lutter contre elles, comme par exemple Benoit Hamon ou Philippe Poutou, tous deux favorables au « diagnostic » des personnes transgenres et donc au principe de pathologisation, propositions hélas aussi revendiquées par des organisations LGB « T » comme l’Inter-LGBT à Paris.
De son côté, si Emmanuel Macron s’est résolu à écrire récemment une lettre-type au mouvement LGBTI, il est loin des candidats les mieux classés! Soulignons en effet qu’il se satisfait des dispositions rétrogrades de la loi « Justice du 21ème siècle » vis-à-vis des personnes transgenres, et suspend l’ouverture de la PMA aux délibérations byzantines du Comité Consultatif National d’Éthique
A contrario, le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, bien qu’imparfait, est incontestablement le plus abouti concernant l’égalité des droits et le respect des droits humains des personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre.
Ce tour d’horizon montre que nos propositions, pourtant de bon sens et majoritairement acceptées dans la société, ont du mal à s’imposer avec évidence dans la plupart des courants politiques, de gauche comme de droite !
Si nous n’appellerons évidemment pas à voter pour un-e candidat-e, nous invitons chacun-e à se décider en conscience, en prenant en compte les conséquences larges du scrutin sur les demandeuses et demandeurs d’asile, sur les libertés publiques et sur l’égalité des droits.
 

Nous avons le sens de la famille !

Le samedi 3 juin prochain aura lieu la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres, Intersexes et leurs allié·e·s (LGBTI+) de Nancy, au départ de la Place de la Carrière. Organisée par Équinoxe et ses partenaires du Centre LGBTI+ de Nancy (Association Nationale Transgenre et Spoutnik Nancy), soutenue par toutes les associations représentatives de la région* et parrainée par de nombreuses entreprises friendly, cette marche sera la 10e du nom dans notre ville.
En 2016, nous avions appelé la classe politique à réformer la PMA et la procédure de changement d’état civil, ou bien à « dégager ». Malgré son médiocre bilan, la classe politique se pose désormais en gardien du troupeau, nous enjoignant à nous « rassembler » autour d’un très dévoyé « pacte républicain ». Sans céder à cette atmosphère anxiogène et aux injonctions électorales, nous marcherons fièrement le samedi 3 juin pour l’égalité des droits sur notre propre mot d’ordre : « Nous avons le sens de la famille ! ».
Par notre visibilité pacifique et colorée au cœur de la ville, et par nos revendications, nous voulons porter haut la conception majoritaire et ouverte de la famille en totale opposition avec l’idéologie mensongère et réactionnaire véhiculée par La Manif Pour Tous, qui ne reconnaît pas comme « vrais parents » les parents des enfants adoptés ou de couples homoparentaux, et traite les enfants comme du bétail en exigeant de l’Etat qu’il en assure la « traçabilité ». Nous militons au contraire pour la reconnaissance respectueuse et bienveillante de toutes les formes de famille et de filiation.

Affiche officielle · Marche des Fiertés 2017

Ce dimanche 7 mai, nous devrons départager une homophobe et xénophobe virulente (qui plus est héritière d’un parti historiquement haineux à l’égard de nos communautés LGBTI) et un candidat beau-parleur non acquis à l’égalité des droits. Quoiqu’il advienne, notre mobilisation repartira de plus belle avant les élections législatives. Nous attendons des candidat·e·s la plus grande clarté programmatique en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, et sur leur conception de la famille. Après ce cycle électoral, nous interviendrons auprès des nouveaux·elles représentant·e·s pour préserver et renforcer les acquis du mariage pour tou·te·s et faire entendre nos propositions de bon sens, majoritaires dans la population, et notamment :

  • l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à toute personne en mesure de procréer ;
  • le changement d’état civil libre et gratuit, en mairie ;
  • l’arrêt des mutilations sur les enfants intersexes ;
  • un système transfusionnel qui assure à la fois sécurité des receveurs et égalité des donneurs ;
  • une politique ambitieuse de lutte contre les LGBTI-phobies et le sexisme à l’école et dans les entreprises ;
  • une politique de protection à l’égard de toutes les personnes LGBTI contraintes de quitter leur pays d’origine en raison des persécutions, voire des meurtres d’État.

Malgré un contexte rendu difficile par l’état d’urgence et par les nostalgiques du vichysme, dans lequel l’Etat devra prendre ses responsabilités pour assurer notre sécurité, cette 10e Marche des Fiertés de Nancy sera fidèle à sa tradition : combative, festive, colorée et ouverte à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans l’égalité des droits !
* Couleurs Gaies (Centre LGBT de Metz), Honneur aux Dames (principale association lesbienne de la région), www.jeanpierrehumblot.fr, Contact Moselle, Association Culturelle des Gays et Lesbiennes Sourd·e·s de France (ACGLSF), Collectif Debout!, Fédération nationale des Centres LGBT, AIDES, CGT Lorraine, CFDT Lorraine, UNEF Lorraine

IDAHOT 2017 : les Tchétchènes à l'esprit, nos propres droits aussi !

Communiqué de presse du 17 mai 2017
Droits LGBTI, Tchétchénie, IDAHOT
Ce mercredi 17 mai a lieu comme chaque année la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT : International Day Against Homophobia and Transphobia). Fidèle à leur tradition, Équinoxe Nancy et ses militant·e·s seront mobilisé·e·s pour faire entendre leur voix et leurs revendications, et l’association agira en direction de plusieurs cibles.
Compte tenu de l’actualité et de la situation dramatique qui s’y joue depuis (au moins) le mois de mars, les homosexuels de Tchétchénie, en ce moment victimes d’une campagne coordonnée de persécutions à des fins d’éradication, seront au cœur de notre mobilisation. Depuis de nombreuses semaines, les rassemblements de soutien et les pétitions se sont multipliés à l’initiative des associations LGBT françaises et mondiales, pour attirer l’attention du grand public, des pouvoirs politiques et des diplomates russes sur la purge en cours dans la petite République autonome du Caucase.
Ouvertement menacés d’extermination d’ici au 26 mai par leur président Ramzan Kadyrov, les homosexuels tchétchènes sont pour l’instant méprisés par le président russe Vladimir Poutine, bien que la mobilisation internationale a considérablement médiatisé leur triste sort.
Dans ce contexte, en tant qu’association de lutte contre l’homophobie et Centre LGBTI de Nancy, il nous paraissait difficile de concevoir les actions IDAHOT 2017 sur un autre thème : nous ne pouvons nous résigner à assister, impuissant·e·s, à cette politique de terreur homophobe aux portes de l’Europe.
Premièrement, dans le cadre d’une campagne entre les 4 grands pôles LGBTI représentatifs du Grand-Est* – à l’initiative de l’association messine Couleurs Gaies – une équipe de militant·e·s arpentera le centre-ville nancéien mercredi après-midi pour faire signer une sorte de « pétition dynamique ». Celle-ci se fera sous forme de cartes postales, à l’effigie « queer » de Vladimir Poutine, image interdite en Russie, lesquelles seront envoyées au Consulat de Russie à Strasbourg, siège du Conseil de l’Europe. Dans l’ensemble de la région Grand-Est, l’objectif est de faire parvenir des centaines voire des milliers de cartes pour faire pression sur les diplomates russes.
* : Équinoxe (Centre LGBTI+ de Nancy), Couleurs Gaies (Centre LGBT de Metz), Asso Exaequo (Centre LGBT de Reims), Collectif FestiGays (organisateur de la Marche des Visibilités de Strasbourg)

Deuxièmement, toujours dans la thématique tchétchène, Équinoxe sollicitera directement par courrier M. Emmanuel Macron. Après le récent positionnement sans ambiguïté de la Chancelière allemande Angela Merkel, nous attendons du nouveau président de la République qu’il fasse entendre la voix ferme de la France, patrie des droits humains, élément moteur de l’Union européenne et membre du Conseil de Sécurité de l’ONU. Si Ramzan Kadyrov semble totalement sourd aux pressions internationales, nous devons actionner chaque outil entre nos mains pour agir sur le président de la Fédération de Russie, seul à avoir autorité sur le président tchétchène.

Enfin, pour garder à l’esprit nos luttes nationales en faveur de l’égalité des droits pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI), nous profitons du 17 mai pour entrer dans la campagne des législatives 2017.
Un questionnaire portant sur l’ensemble de nos revendications sera envoyé à tou·te·s les candidat·e·s au prochain scrutin de juin pour les territoires qui nous concernent, à savoir la Meurthe-et-Moselle, les Vosges et la Meuse. Unions, filiation, santé, libre disposition du corps, etc. : la consultation balayera un large éventail de sujets de société qui suscitent débats et interrogations auprès de l’ensemble de nos concitoyen·ne·s. L’objectif de cette interpellation est de dresser un état des lieux très complet des positionnements de chacun·e sur les droits LGBTI.
Au-delà des seul·e·s éventuel·le·s parlementaires de la nouvelle mandature qui va s’ouvrir, nous adresserons ce même questionnaire à d’autres grandes personnalités politiques locales, élues à la région, au département et à la municipalité. Seront ainsi sollicités, entre autres, Mathieu Klein, Florian Philippot, André Rossinot, mais surtout notre maire Laurent Hénart, fervent soutien et « mécène » des mondanités LGBT, mais beaucoup moins enthousiaste pour s’engager sur des revendications concrètes.
Les résultats de cette consultation seront rendus publics le samedi 3 juin, à l’occasion de la Marche des Fiertés LGBTI de Nancy.

Elections législatives 2017 : Égalité en vue pour les personnes LGBTI ?

Communiqué en date du 9 juin

Le mercredi 17 mai dernier, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, notre association Équinoxe Nancy lançait une grande consultation en ligne dans le cadre des élections législatives des 11 et 18 juin prochains. Le principe était simple : chaque candidat·e de chacune des circonscriptions de Meurthe-et-Moselle était invité·e à se prononcer, via un formulaire en ligne, sur une série de 33 questions portant sur les revendications en faveur des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres et Intersexes (LGBTI). Famille, santé, éducation, lutte contre les discriminations, questions internationales : aucune question n’a été éludée.
Sur les 56 candidat·e·s sollicité·e·s*, seul·e·s 8 ont pris le temps de nous répondre : Chaynesse KHIROUNI (PS, 1e circonscription), Nordine JOUIRA (France Insoumise, 1e), Bora YILMAZ (PCF-FG, 1e.), Nassima FAÏQ (France Insoumise, 2e), Laurent GARCIA (En Marche !, 2e), Xavier PALUSZKIEWICZ (En Marche !, 3e), Marion BUCHET (En Marche !, 4e), Cédric MARSOLLE (FN, 6e).
Nous pouvons tirer quelques enseignements synthétiques des réponses apportées concernant nos principales revendications (cf. tableau en pièce jointe) :

  • Aucun·e candidat·e ne souhaite remettre en cause les acquis législatifs, en particulier la loi ouvrant le mariage républicain à tous les couples, et quelle que soit leur situation éventuelle de bi-nationalité ;
  • Les 8 répondants se prononcent en faveur du changement d’état civil libre et gratuit en mairie pour les personnes transgenres, conformément aux résolutions du Conseil de l’Europe et aux lois récemment adoptées à Malte ou au Danemark par exemple, mais à revers de la récente loi française « Justice du 21e siècle » ;
  • Sans grande surprise, seul le candidat frontiste se démarque franchement des 7 autres répondants en se prononçant contre l’accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour tou·te·s, contre la filiation automatique aux parents LGBTI, contre la levée des soins funéraires aux personnes séropositives, et contre des procédures d’asile accélérées pour les LGBT persécuté·e·s dans leur pays d’origine.

Équinoxe déplore le peu d’intérêt que cette démarche a suscité auprès des aspirant·e·s aux différents postes de député·e de Meurthe-et-Moselle. Notre association y voit au mieux un manque de courage politique sur des sujets qui divisent l’opinion publique depuis 5 ans, au pire un profond mépris pour les personnes LGBTI, leurs familles et leurs enfants.
En particulier, nous aurions souhaité obtenir des réponses franches de quelques « favoris » des circonscriptions de la métropole nancéienne (Eric Pensalfini et Hervé Féron), du candidat socialiste Dominique Potier (opposant précoce au « mariage pour tous »), de la militante pro-Manif pour Tous Valérie Debord, et du candidat UDI Mostafa Fourar, issu d’une majorité municipale nancéienne alliée avec la Manif pour Tous depuis l’élection de Laurent Hénart en 2014.
Sans donner de consigne de vote nominale, fidèle à sa tradition, Équinoxe appelle les électeurs-trices à porter leurs suffrages vers les candidat·e·s résolument favorables à l’égalité des droits, et à faire battre sans ménagement tou·te·s les opposant·e·s à nos droits et à leurs allié·e·s de fait qui refusent de se prononcer.
* : suite à une erreur de recensement des candidat·e·s de notre part, le candidat socialiste Julien Vaillant (6e circo.) n’a pas été consulté

Le Kreuji ? Non merci ! Les raisons de notre retrait

Par une décision du 22 mai 2014 prise à l’unanimité, le Conseil d’administration d’Équinoxe Nancy Lorraine a renoncé à intégrer « Le Kreuji – Maison LGBT de Nancy », malgré 2 ans et demi de participation à l’intégralité des travaux préparatoires.
Pour que notre décision, lourde de sens et de conséquences, soit comprise par le plus grand nombre – à défaut d’être unanimement approuvée – nous tenons à revenir point par point et en détails sur les différents éléments qui nous ont conduits à ce retrait.
La constitution d’un grand Centre LGBT rassemblant les associations de la ville était pourtant une des revendications d’Équinoxe, dès la naissance de l’association, en 2008. En effet, la disparition fin 2007 du Centre LGBT animé par l‘association Homonyme avait laissé Nancy sans lieu d’accueil LGBT généraliste, mixte et ouvert à tous les publics. Prenant rapidement de l’ampleur dès les premiers mois, Équinoxe a compris l’importance de ressusciter un Centre LGBT pour accueillir les personnes en demande dans les meilleures conditions. Pendant des années, cette revendication a été ignorée par la Ville de Nancy, qui la jugeait irréalisable. Avant  de changer complètement d’attitude, puis, avec l’arrivée de Laurent Hénart, de tout faire pour écarter Équinoxe de la démarche.

Une parodie de démocratie : le verrouillage par la Ville de Nancy

Equinoxe déplore la totale emprise de la Ville de Nancy sur le projet « Kreuji » et ses associations fondatrices, impliquant un fonctionnement interne consternant, une démocratie fort contestable et des conflits d’intérêts préoccupants.

Une maison LGBT-UDI-UMP

En dépit de nos demandes répétées d’élargissement des discussions à d’autres partenaires institutionnels, en particulier le Conseil général de Meurthe-et-Moselle et le Conseil régional de Lorraine, la Ville de Nancy les a sciemment écartés, promettant de les associer « une fois que tout serait bouclé » (dixit Lucienne Redercher, adjointe aux droits de l’Homme, comité de pilotage du 28/11/2013), autrement dit au moment de passer à la caisse…
Il apparaissait évident à Equinoxe et à l’Association Nationale Transgenre (ANT) d’associer le département et la région en amont d’un projet d’une telle ambition, afin de lui donner une solide et pérenne assise financière, ainsi qu’une vraie indépendance politique. Cela n’a jamais été l’avis de la municipalité, de couleur partisane UDI-UMP, qui n’a pas souhaité s’associer à des institutions à majorité socialiste, particulièrement dans l’optique des élections municipales de mars 2014 qui s’annonçaient très serrées.

Le bluff des groupuscules

A l’origine des premiers travaux en janvier 2012, pas moins de 13 associations étaient réunies autour de la table. Outre Equinoxe Nancy Lorraine et ANT, on pouvait également compter Objectif Egalité Lorraine, L’Autre Cercle Lorraine, Les Oublié-e-s de la Mémoire Lorraine, Honneur aux Dames, Les Joyeux Reporters, Rando’s Lorraine, LesBienNées, David & Jonathan Lorraine, Club Alter Egaux, Aides 54 et APGL Grand-Est. Cette profusion d’associations pour une ville comme Nancy pourrait laisser penser à une très belle diversité et un grand dynamisme.
Hélas, nombre de ces structures n’avaient – et n’ont encore, selon les cas – qu’une existence très symbolique : aucune permanence d’accueil, une très faible activité de terrain, une absence d’implication dans les grands événements LGBT annuels (17 mai, Marche des Fiertés, etc.) et un nombre d’adhérents souvent (très) réduit.
Mais dès l’origine, la Ville de Nancy a considéré que chaque association détenait une voix délibérative, qu’elle compte 3 adhérents comme le Club Alter Egaux, une quinzaine comme LesBienNées ou L’Autre Cercle, ou une centaine comme Equinoxe. Dans un contexte déjà conflictuel entre associations, né de vieilles querelles liées à la disparition d’Homonyme en 2007, ou de la scission douloureuse organisée fin 2011 au sein d’Equinoxe par des éléments hostiles (discrets au début, tous se sont par la suite révélés des proches de Laurent Hénart et/ou de l’adjointe aux droits de l’Homme de Nancy), la conséquence était prévisible : des réunions délétères, où nos propositions ont été régulièrement balayées par une nette majorité de voix, pourtant détenue par une minorité d’adhérents réels.
La faiblesse de ces groupuscules, ou leur implantation extra-nancéienne, s’est traduite depuis par la disparition de plusieurs d’entre eux, faute d’adhérents : David & Jonathan et APGL Grand-Est (courant 2012), Club Alter Egaux (en novembre 2013), LesBienNées (en février 2014), mais la situation était déjà parfaitement verrouillée pour empêcher Equinoxe et l’ANT de peser sur les débats et le contenu réel de la Maison LGBT. En effet, 6 associations cumulant péniblement 40 adhérents, pesaient 6 fois plus que la centaine d’adhérents d’Equinoxe, association la plus active et la plus représentative à Nancy.
De là à penser que des groupuscules nés au moment du lancement du projet sont des coquilles vides créées par la Ville de Nancy et dirigées par des proches, il n’y a qu’un pas…

11 associations impliquées ?

Aujourd’hui, face à l’hémorragie de structures réellement impliquées dans la gestion quotidienne du lieu, ses 4 dirigeants sont contraints d’aller glaner des soutiens symboliques loin de Nancy pour afficher officiellement 11 associations au compteur, à l’automne 2014.
Il est donc utile de préciser ici que 4 d’entre elles ne sont pas à Nancy : Le Refuge n’a pas de délégation dans la cité ducale ; Couleurs Gaies, Centre LGBT de Moselle (qui sont d’ailleurs la même structure…) et Contact 57 sont à Metz. Bien entendu, il est hors de question de condamner ces 4 associations qui n’ont aucune raison de douter à distance de la sincérité du projet. Il est juste nécessaire de rappeler que ces soutiens « prestigieux » servent à masquer le vide associatif interne, et à donner une épaisseur factice au projet, pour attirer le chaland peu informé des réalités de terrain. 11 associations, ça en jette ! Même si derrière la façade, c’est une autre affaire !
En outre, plusieurs associations de Nancy ont rappelé à maintes reprises lors des réunions préparatoires qu’elles ne s’impliqueraient pas dans la gestion quotidienne du lieu, faute de bénévoles ou parce que cela ne rentre pas dans leur objet statutaire : Aides 54, Les Joyeux Reporters et Rando’s Lorraine sont donc également de simples soutiens, symboliques.
Il ne reste ainsi que 4 associations locales pour gérer ce projet, dont une seule a une existence autre que symbolique (Honneur aux Dames), ce qui nous paraît disproportionné pour tenir la distance sur un tel investissement. Il est donc inenvisageable pour Equinoxe et l’ANT d’épuiser leurs bénévoles, déjà très sollicités par leurs propres structures et leurs engagements nationaux (à la Fédération LGBT notamment), dans un projet où ils ne sont clairement pas les bienvenus. Il s’agirait de la meilleure façon de les écœurer définitivement de l’engagement LGBT bénévole. Mais c’est peut-être ce que souhaite la Ville de Nancy : faire décoller sa Maison LGBT aux dépens du Centre LGBT Lorraine-Sud, pré-existant et membre actif de la Fédération LGBT…

Entrisme, noyautage et endogamie politique

Sur les quelques associations de Nancy officiellement impliquées dans le projet « Kreuji », la plupart d’entre elles ont des liens très étroits avec la municipalité.
Les Oublié-e-s de la Mémoire Lorraine et L’Autre Cercle Lorraine sont dirigées par la même personne, M. Thierry Ragot, un proche de Laurent Hénart devenu trésorier du « Kreuji », et dont le mari Pascal Dabel en est le président. Il est ici utile de préciser que Franck Porterat, bras droit de l’adjointe aux droits de l’Homme, n’hésitait pas à s’afficher publiquement aux couleurs de L’Autre Cercle Lorraine à la Marche des Fiertés de Metz le 2 juin 2012 [cf. document 1], oubliant qu’il était l’interlocuteur de toutes les associations, dans un contexte déjà tendu.
Document 1. Photographie disponible sur demande dans nos locaux : Franck Porterat, aux couleurs de L’Autre Cercle Lorraine, sur le stand d’Equinoxe à la Marche des Fiertés LGBT 2012 de Metz 
Les Joyeux Reporters, pourtant annoncés moribonds par leurs propres amis et au bord de la dissolution lors du comité de pilotage du 6 février 2014, vivotent depuis près de 10 ans dans le giron de la Ville de Nancy, qui est au centre de leur seule activité, largement subventionnée : la publication d’un petit bulletin désormais annuel où les hagiographies des élus municipaux (en particulier Lucienne Redercher) succèdent aux désinformations sur la vie LGBT nancéienne.
Le Club Alter Egaux, qui a suscité moult polémiques pendant des années dans le milieu LGBT lorrain par ses prises de position transphobes et anti-marches LGBT, était lié de près à plusieurs élus, puisque ses deux uniques responsables étaient membres actifs du MoDem 54, le parti de Lucienne Redercher et de Thierry Coulom, qui ont travaillé sur le projet.
Evoquons enfin Honneur aux Dames, avec qui nous avons travaillé positivement pendant près de 2 ans dans le cadre de la Marche des Fiertés LGBT de Nancy, et qui a soudainement pris ses distances avec Equinoxe et l’ANT en avril 2014. L’élection fin mars de sa présidente, également vice-présidente du « Kreuji », dans la majorité de droite de la commune de Pont Saint-Vincent (agglomération de Nancy) est sans doute un pur hasard du calendrier…
Avec de tels conflits d’intérêts, on comprend mieux l’application de ces responsables associatifs à se transformer en relais politiques de la Ville de Nancy, fermant au passage les yeux sur ses dérives et ses nouveaux alliés, et taxant les non-alignés « d’extrême-gauche » (totalement grotesque, cette allégation a provoqué la colère de tous les adhérents d’Équinoxe !).
La municipalité a contrôlé durant la totalité des débats la majorité des votes, et a donc tout piloté stricto sensu, autant en externe qu’en interne, tout en simulant un joli projet inter-associatif. Aujourd’hui, le comité de direction du « Kreuji » est réduit à 2 couples, proches de Laurent Hénart et de la droite locale, ce qui n’augure pas d’une ouverture exemplaire pour la Maison, qui pousse le culot jusqu’à se décréter « apolitique »…

L’égalité des droits ? On verra plus tard !

Outre l’incroyable fonctionnement interne, particulièrement chronophage et énergivore pour les bénévoles lors des comités de pilotage, le point de rupture fondamental entre Equinoxe et le
« Kreuji » porte sur les valeurs d’égalité que nos associations doivent théoriquement défendre  avec la plus grande fermeté, dans un contexte national marqué par les résurgences réactionnaires et néofascistes les plus violentes.

1er août 2013 : l’insulte à Jean-Pierre Humblot et à toutes les victimes

Chaque année la municipalité, organisatrice sans partage de l’hommage officiel à Jean-Pierre Humblot, assassiné par des homophobes à Nancy le 1er août 2003, charge les associations LGBT de se mettre d’accord sur un porte-parole unique à la cérémonie.
En 2013, un des militants connus d’Equinoxe, également agressé par le même groupe quelques jours avant Jean-Pierre Humblot, avait souhaité prendre la parole en tant que victime, pour marquer à sa façon le dixième anniversaire d’un drame qui a aussi bouleversé sa vie. Piétinant son expérience, les associations fondatrices du « Kreuji » ont voté massivement pour donner la parole au président du Club Alter Egaux, sous prétexte qu’il n’avait encore jamais été désigné en 10 ans. Et pour cause, puisque cette association et lui-même s’étaient rendus célèbres pour leurs condamnations répétées des gays « excentriques » (comme Jean-Pierre Humblot !), des Marches des Fiertés (avec l’emblématique phrase « L’exhibition n’a pas sa place dans l’espace public ! »), et l’appel à discriminer les personnes transgenres, par la psychiatrisation forcée et en les appelant par leur prénom d’origine « parce que c’est la loi » (sic). (NB : Les dérapages d’Alter Egaux avaient fait l’objet d’un communiqué de dénonciation cosigné par Equinoxe / Couleurs Gaies / Trans Aide (ANT) en mai 2009, à leur sortie bruyante du Collectif LGBT Lorraine).
Après une réunion de conciliation houleuse où ces associations avaient semblé reculer face aux déclarations insoutenables du Club Alter Egaux, qui les maintenait et les assumait fièrement, un accord avait été trouvé pour une autre prise de parole plus consensuelle. Finalement, Lucienne Redercher a annulé autoritairement, au dernier moment, ce compromis et toute prise de parole associative afin de ménager ses deux amis du MoDem.
Le jour J, la Ville a finalement proposé une prise de parole, ce que le transphobe incriminé, discours déjà en poche, s’est empressé de faire sans que personne parmi les Kreujistes n’y trouve à redire, ce qui prouve que le coup était totalement prémédité, dans notre dos. Equinoxe et l’ANT ont préféré quitter silencieusement la cérémonie, qui s’est transformée en insulte aux victimes d’homophobie et de transphobie, en offense ultime à Jean-Pierre Humblot.
Pour rappel, la sœur de Jeannot avait fini par dévoiler en août 2009 que son frère, tué en raison de son apparence « excentrique », était une personne trans-identitaire. Pour le savoir, encore faut-il avoir une culture militante locale et ne pas sortir de nulle part en janvier 2012…

L’infiltration de La Manif Pour Tous dans le Conseil municipal

Au cours d’une campagne municipale à couteaux tirés, où le centriste Laurent Hénart était opposé au socialiste Mathieu Klein, le futur maire de Nancy a ratissé particulièrement large à sa droite, en menant une campagne plutôt digne de la Droite Forte, à coups d’insécurité et de caméras de vidéosurveillance.
Laurent Hénart, que beaucoup de Nancéiens ne reconnaissent plus depuis son élection, a rapidement récompensé ses soutiens de l’ultra-droite. Dès la mi-avril 2014, deux semaines à peine après le scrutin, l’ancien responsable régional de La Manif pour Tous, M. Pierre de Saulieu, a  obtenu une place au sein du conseil municipal, aux côtés d’autres élues qui avaient déjà défilé contre nos droits ou manifesté leur hostilité : Valérie Debord et Fanny Giussani pour ne pas les citer. M. de Saulieu aurait pu être affecté à la voirie, une tâche utile mais peu suspecte de cliver, mais Laurent Hénart a préféré lui confier les écoles municipales ! Tout un symbole.
Trois associations se sont rapidement indignées, dont Equinoxe et l’ANT le 18 avril, à qui Laurent Hénart a répondu avec mépris le 20 avril qu’il n’avait aucune leçon à recevoir, que « tout ça allait s’évacuer » (sic !) et que M. de Saulieu avait quitté LMPT. Dès le 23 avril, à peine 3 jours plus tard, les associations kreujistes prenaient le thé « au nom du dialogue » avec le leader régional des manifestations homophobes qui les avait convoquées, et faisaient profil bas pour s’assurer une belle Maison LGBT, alors qu’il leur affirmait les yeux dans les yeux qu’il ne marierait jamais deux personnes de même sexe… Au passage, Equinoxe et l’ANT, qui avaient décliné cette offre indécente – que pourrions-nous bien avoir à négocier avec un homophobe ? – ont reçu les insultes habituelles : « extrémistes », « sectaires ». Il est vrai que les dirigeants du « Kreuji », qui copinent ouvertement avec la tête de liste FN aux dernières municipales de Nancy, s’y connaissent en extrémistes !
Depuis, M. de Saulieu a appelé à manifester pour la mobilisation homophobe et transphobe du 5 octobre dernier, prouvant d’une part qu’il n’avait pas abjuré l’homophobie et que nous avions raison – il appartient désormais à L’Avenir pour Tous de Frigide Barjot… – et d’autre part que Laurent Hénart et son « Kreuji » se sont faits rouler dans la farine tels des lapins de trois semaines.
Rappelons un détail non négligeable : en 2013, dans un contexte de mobilisation intensive de La Manif pour Tous et de ses nouveaux corollaires néofascistes (Lorraine Nationaliste, Bloc Identitaire, Le Printemps Français, etc.), les signalements d’homophobie ont augmenté de près de 80% pour la seule structure SOS Homophobie !

L’entrisme du Front National

Bien obligés de jouer les voitures-balais pour récupérer un maximum de soutiens de tous horizons dans ce gruyère associatif, Laurent Hénart et les Kreujistes ont oublié de se fixer toute limite éthique dans ce putsch sur la vie LGBT à Nancy.
Le 27 septembre dernier, au cours de la Fête des Associations qui marquait la première sortie publique des Kreujistes, et au cours de laquelle Equinoxe et l’ANT avaient été reléguées dans un recoin – attitude choquant même certains employés municipaux avec qui nous avons échangé – quelle ne fut pas notre surprise de découvrir Pierre Ducarne, tête de liste du Front National aux dernières municipales à Nancy, co-animant le stand du « Kreuji » !
Nous nous sommes légitimement indignés de cette présence très dérangeante. La Ville de Nancy et ses courtisans ont bien tenté de minimiser l’affaire, prétextant une simple visite d’un gay frontiste qu’ils ne connaissaient pas, et une tentative politique d’Equinoxe de déstabiliser le « Kreuji ».
Si dans un premier temps cette communication de crise a fonctionné, les événements récents ont prouvé que nous avions – encore – raison à plusieurs titres. Pierre Ducarne a manqué de peu l’exclusion du FN, dont il prétendait pourtant ne plus être membre (!), pour avoir animé ce stand LGBT (il l’a effectivement bien animé pendant près d’une heure [cf. document 2], prouvant ses mensonges, ceux de la Ville et ceux du « Kreuji »). Par cette procédure d’exclusion, le FN a en passant rappelé toute la considération qu’il avait pour les personnes LGBT.
Document 2. (Photographie disponible sur demande dans nos locaux ) Pierre Ducarne, confortablement installé derrière le stand « Kreuji », en pleine discussion avec Franck Porterat. Les dirigeants du « Kreuji » qui prétendaient ne pas le connaître sont juste à côté…
Heureusement M. Ducarne, proche collaborateur de l’improbable porte-parole d’Objectif Egalité Lorraine par le biais de Radio Caraïb Nancy, a rappelé à ses amis du FN qu’il était opposé à la totalité de nos revendications (portées aujourd’hui par 95% du mouvement LGBT français), ce qui lui a permis de sauver sa place chez les frontistes, d’où la satisfaction de M. Ducarne que la polémique soit enfin close… Ubuesque !
Si nos associations se doivent d’être ouvertes à la diversité des opinions politiques et religieuses, elles ne peuvent décemment pas tolérer dans leurs rangs des cadres identifiés de mouvements homophobes, tels que le FN et la Manif pour Tous, qui se sont toujours violemment opposés à nos droits les plus élémentaires, et qui attisent constamment la déstabilisation d’une République aux abois.
Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes, nous n’avons aucune leçon de tolérance à recevoir de La Manif pour Tous et du Front National. LGBT ou non, les xénophobes, les racistes, les antisémites, les islamophobes, les homophobes, les transphobes n’ont pas vocation à figurer dans nos associations, qui luttent certes contre les LGBT-phobies, mais qui sont également solidaires de toutes les autres luttes citoyennes contre les discriminations. On imagine bien quelle tête ferait un jeune gay musulman issu de l’immigration s’il était accueilli dans un cadre LGBT par le leader local du FN…

Un projet anti-Équinoxe, anti-Centre LGBT de Lorraine-Sud

Dès 2008, les premiers désaccords ont opposé Equinoxe Nancy Lorraine/ANT d’un côté, et  la Ville de Nancy de l’autre. Les mêmes ressorts étaient en cause : la municipalité soutenait en façade les associations, mais à la seule condition qu’elles restent peu revendicatives et très obéissantes.
L’emblématique « affaire Capleton » de novembre 2008, où un chanteur de ragga dancehall violemment homophobe avait réussi à se produire à Nancy sans l’intervention de la Ville malgré nos vives protestations, a été le premier coup de canif dans notre partenariat. Face à notre fermeté, les premiers chantages aux subventions sont tombés, nous permettant rapidement de relativiser le
« soutien » municipal dès lors qu’il fallait s’engager sur des actes forts et non de belles promesses. Pour l’anecdote, Capleton s’était produit à L’Autre Canal, une salle de spectacles alors placée sous la présidence de… Laurent Hénart.

La scission en service commandé de 2011, la naissance du Centre LGBT de Lorraine-Sud

Après une année associative particulièrement chaotique, Equinoxe Nancy Lorraine avait subi, au terme de son Assemblée Générale du 15 octobre 2011, son unique scission. Soumise pendant de longs mois à des campagnes violentes de dénigrement, en interne et sur la toile, l’association était alors sous le choc de cette offensive virulente, menée par ceux qui deviendront rapidement le noyau essentiel des Kreujistes.
Dépourvue de permanences d’accueil-écoute depuis son départ forcé d’Aides 54 puis de la Mutualité Française, Equinoxe a tenté fin décembre 2011 un pari qui s’est avéré gagnant : louer elle-même ses locaux à Nancy et ressusciter le Centre LGBT de Lorraine-Sud (disparu fin 2007), affilié à la Fédération LGBT. Evidemment, cette initiative porteuse a suscité la plus vive hostilité de la Ville de Nancy et de sa meute de satellites associatifs. D’où d’incessantes polémiques en comités de pilotage, sous l’œil faussement neutre de la municipalité, qui aurait dû apaiser et assainir, sans jamais prendre parti pour qui que ce soit, ces réunions-pugilats qui laissaient de toute évidence augurer de graves dissensions dans le futur.
Outre l’offense faite à Jean-Pierre Humblot le 1er août 2013, cette configuration kafkaïenne a conduit à d’autres prises de position pour le moins douteuses. Dernier exemple en date, les fondateurs du « Kreuji » ont préféré rédiger le 5 juin 2014 un communiqué condamnant notre « extrémisme » (sic), moins de 48h après la dégradation du Centre LGBT Equinoxe par les néofascistes de Lorraine Nationaliste, également auteurs de menaces de mort sur la Marche des Fiertés [cf. document 3], plutôt que de nous soutenir dans nos démarches judiciaires, dont la Ville de Nancy est également absente ! Pour rappel, 2 des 6 néofascistes impliqués seront jugés le 30 janvier 2015 pour « menaces de mort faites sous condition en raison de l’orientation sexuelle », au terme d’une procédure à la seule initiative d’Equinoxe Nancy Lorraine.

Document 3. La banderole de Lorraine Nationaliste à la Marche des Fiertés LGBT de Nancy, le 31 mai 2014.

Sans jamais entrer dans ces polémiques subalternes, notamment sur les réseaux sociaux, Equinoxe s’est constamment concentrée sur sa construction et son travail de terrain, toujours au contact du grand public. Notre association a terminé l’année 2012 à 63 adhérents, l’année 2013 à 78 adhérents, et l’année 2014 à 99 adhérents. Une claque pour tous les malfaisants ! Equinoxe, au vu de ce travail, a même été agréée « Jeunesse & Education Populaire » en novembre 2013, puis reconnue « d’intérêt général à caractère social » en juin 2014.
La Ville de Nancy, pendant ce temps, a tenté de nous affaiblir en nous attribuant une subvention de fonctionnement dérisoire, et systématiquement en baisse : 1000 € en 2011, 900 € en 2012, 800 € en 2013, et… rien à ce jour pour 2014, malgré d’importantes activités d’accueil-écoute, de prévention, de militantisme, d’accompagnement juridique des victimes et de convivialité à destination des LGBT et de leurs proches, et malgré un nombre de membres multiplié par 5 en trois ans !
Dans le même temps, des subventions à peine moindres étaient versées à des groupuscules aussi passifs qu’intolérants. Détail qui vaut le coup d’œil : le Club Alter Egaux, très hostile à Equinoxe, continuait à percevoir des financements publics [cf. document 5] alors qu’il comptait moins de 5 adhérents et que son président auto-proclamé, proche de l’adjointe chargée de piloter le futur « Kreuji », n’était même pas déposé en Préfecture de Meurthe-et-Moselle comme il se doit, ce qui lui a valu une dissolution à son insu… [cf. document 4] Au-delà de l’aspect comique de ce fait divers, le contribuable nancéien appréciera cette légèreté !
Document 4. Communiqué de presse annonçant la dissolution du Club Alter Egaux… et avouant la  » phobie administrative  » de ses dirigeants officiels et officieux

Document 5. Un aperçu des subventions (en euros) versées par la Ville de Nancy en 2013 Un coup d’œil rapide permet de voir qu’il fait bon être dans les petits papiers de la Ville… Pour information, les plus de 6000 € affectés ici à l’ANT sont en réalité à attribuer au Collectif LGBT Lorraine, organisateur de la Marche de Nancy, pour les prestations techniques notamment liées au village associatif. Plusieurs questions restent en suspens : Où sont passés les 300 € attribués en 2013 au Club Alter Egaux ? Quid des années allant de 2009 à 2013 ? Sur la foi de quels documents ces subventions ont-elles été versées ? Source : http://www1.nancy.fr/fileadmin/user_upload/associative/documents/2013-liste-sub.pdf

Interpellée sur le sujet des subventions en février 2014, lors de l’anniversaire d’Equinoxe, Mme Lucienne Redercher a invité textuellement son président « à aller voir ailleurs », devant une quarantaine de témoins un peu déstabilisés par ce mépris, et a prétendu que dans le contexte actuel, les finances publiques étaient à flux tendu. Certes, mais la Ville de Nancy sait trouver les fonds pour les associations qui végètent dans son orbite.
Avec le recul dont nous disposons aujourd’hui, 3 ans après la violente scission d’octobre 2011, et à la lumière des liens tissés entre les sécessionnistes, nous nous interrogeons ouvertement sur le rôle joué par la Ville de Nancy dans cette opération.

Les revendications LGBT, devenues trop clivantes pour l’électorat homophobe de Laurent Hénart ?

Laurent Hénart signait autrefois, chaque année, la plateforme des revendications du Collectif LGBT Lorraine, organisateur de la Marche des Fiertés LGBT régionale. Cette plateforme inclut l’ouverture du mariage républicain à tous les couples, l’accès à la PMA pour toutes les femmes, le changement d’état civil libre et gratuit pour les personnes transgenres, et l’ouverture du don du sang aux homosexuels. Dans le contexte électoral cité précédemment, le nouveau maire s’est bien gardé de s’aventurer sur un terrain aussi périlleux en 2014, devant ménager son futur délégué aux écoles de LMPT ainsi que Denis Gabet, l’ultraconservateur de « Nancy ville humaine » qui lui a apporté son soutien entre les deux tours.
D’une manière générale, la Ville de Nancy ne souhaite pas mettre en évidence trop publiquement son appétence présumée pour les revendications LGBT. Par conséquent, elle est devenue la reine de l’équilibrisme politique, avec un affichage de soutien très marqué auprès des publics LGBT et du milieu associatif, mais une totale invisibilité auprès du grand public. Le site Internet municipal ne mentionne jamais aucune actualité LGBT, et ne pipe par exemple pas un mot d’une Marche des Fiertés que la Ville prétend soutenir.
Au-delà de l’actuel « Kreuji », la journée du 17 mai est particulièrement emblématique de cette démarche de pure communication : l’organisation d’un événement confidentiel et consensuel où ne sont invités que des LGBT, si possible responsables associatifs de la région, mais totalement invisible du grand public, dans l’entresoi maximal et l’endogamie « militante ». En revanche, la Ville de Nancy n’avait pas hésité à s’opposer formellement à ce qu’Equinoxe et l’ANT puissent, le 17 mai 2013, implanter un peu de matériel pour mener leur traditionnelle action de rue, militante, auprès du grand public de l’agglomération.

La Ville de Nancy, ou comment retrouver 200 m² de locaux au fond de son sac

Le « Kreuji » devait avoir pour adresse le 165 rue Saint-Dizier à Nancy, en lieu et place d’un ancien poste de police, à proximité immédiate du centre-ville. Ce grand local de 138 m² visité par les associations en juillet 2013 avait été validé dans l’enthousiasme quasi-général le 28 novembre dernier. Quasi-général, puisque déjà Equinoxe et l’ANT s’étaient abstenues lors du vote, jugeant le lieu inadapté et peu chaleureux pour l’accueil LGBT, handicapé il est vrai par les barreaux aux fenêtres… Avec arrogance, Lucienne Redercher avait alors rétorqué que « la Ville de Nancy n’avait que ça à proposer », que c’était « à prendre ou à laisser ».
Sans grande surprise, le projet a totalement changé de braquet une fois notre retrait officiellement constaté. La Ville de Nancy a comme par enchantement trouvé de nouveaux locaux, bien mieux équipés et beaucoup plus adaptés, mieux situés dans la ville, proches de la gare. Bien loin, donc, de l’ancienne geôle miteuse que les autres associations avaient plébiscitée.
Interrogé dans le cadre de la participation du Front National au stand du « Kreuji » à la Fête des Associations, son président Pascal Dabel a fini, bien malgré lui, par lâcher le morceau : Equinoxe « ne supporterait pas la concurrence du Kreuji ». L’intention de déstabiliser le Centre LGBT de Lorraine-Sud, qui accueille depuis près de 3 ans les personnes LGBT à Nancy (en plus des 4 années d’accueil dans les locaux d’Aides 54 et de la Mutualité Française), est avérée. On doit bien reconnaître qu’on ne comprend pas bien la motivation de la Ville de Nancy, si ce n’est celle de tenter d’affaiblir Equinoxe, trop revendicative et trop indépendante à son goût.
Le pullulement de coquilles vides associatives n’aurait posé aucun problème si elle s’était réalisée dans un contexte pacifique. Nous n’avons pas vocation à évaluer les associations, toutes légitimes à la condition qu’elles ne soient pas discriminantes, et que le travail de nos bénévoles reste un tant soit peu respecté. Mais, face à une telle hostilité envers Equinoxe et l’Association Nationale Transgenre, face à la négation du travail accompli dans la région depuis presque 7 ans (bientôt 11 ans pour l’ANT !), il était impossible pour nos associations de rester impliquées dans un projet où elles n’étaient clairement plus les bienvenues.

Conclusion

Equinoxe Nancy Lorraine déplore d’avoir eu à quitter le projet « Kreuji ». Notre association, composée intégralement de bénévoles – pour la plupart salariés – et dont l’orientation a toujours été foncièrement militante, n’a pas vocation à « se battre » contre des institutions supposées pro- égalité, et encore moins contre d’autres associations LGBT, aussi groupusculaires et hostiles soient-elles.
Afin de fonctionner, le Centre LGBT de Lorraine-Sud que nous animons depuis 3 ans par nos propres moyens, avec ses qualités et ses imperfections, sans soutien politique et financier significatif de la Ville de Nancy, a besoin au bas mot de 7 000 € par an. Notre mission première est de proposer nos compétences et notre disponibilité aux personnes LGBT et leurs ami-e-s qui nous sollicitent. Nous serions donc bien heureux d’avoir cette charge de travail (la collecte d’imposants fonds) en moins sur nos épaules de bénévoles.
Mais nous refusons résolument de renoncer à nos convictions pour quelques mètres carrés supplémentaires, aussi luxueux soient-ils. Nous continuerons à défendre avec combativité et indépendance les valeurs d’égalité qui nous sont chères. À l’image des associations de la Fédération LGBT, animant sans problèmes particuliers des centres LGBT unitaires dans les villes de Bordeaux, dirigée par M. Alain Juppé, ou de Nice, dirigée par M. Christian Estrosi, pourtant UMP, Equinoxe poursuivra son travail avec toutes les forces politiques et citoyennes œuvrant pour l’égalité réelle des droits, quelles que soient leurs couleurs partisanes ou leurs appartenances confessionnelles. Mais jamais, contrairement à d’autres, nous ne jouerons les passe-plats de La Manif pour Tous, du Front National, ou de tout autre mouvement homophobe !
Dans ce long processus démarré en janvier 2012, Equinoxe Nancy Lorraine a commis une seule erreur : avoir beaucoup trop attendu avant de partir. Notre association a fait preuve d’une immense patience face aux incessantes polémiques internes et aux dérives politiques de la Ville de Nancy et de ses porte-valises. En fait, nous aurions dû partir le 2 août 2013, au lendemain du scandaleux « hommage » d’un transphobe notoire à Jean-Pierre Humblot.
Le Centre LGBT de Lorraine-Sud qui, contrairement au « Kreuji », n’est pas inféodé à la droite locale, a d’ores et déjà les moyens de fonctionner en toute autonomie. Fidèle à ses valeurs fondatrices, Equinoxe continuera à mettre en concordance ses paroles et ses actes au service des valeurs qu’elle défend. Nous refusons de cautionner l’absurde tour de passe-passe politique qui amène Laurent Hénart à essayer, contre l’évidence, de s’afficher pro-égalité auprès de cautions LGBT totalement soumises, tout en ménageant son électorat homophobe.
Puisque la Ville de Nancy est décidée à diviser le mouvement LGBT en promouvant contre nous un « Kreuji » totalement sous sa tutelle, nous ferons bon usage de notre habituelle liberté. L’argent est-il plus important que nos droits ? À l’évidence non. Nous appelons donc toutes les personnes soucieuses de liberté et d’égalité des droits, et opposées comme nous à la banalisation de l’homophobie, à nous soutenir.
L’épreuve des faits est d’ores et déjà en notre faveur : Équinoxe, malgré une hostilité frénétique à son égard du nouveau maire de Nancy, a plus que jamais déployé, dans la limite des moyens dont elle dispose, sa palette d’activités d’association LGBT généraliste ouverte à toute personne bienveillante. Accueil-écoute, militantisme, prévention/santé, convivialité, soutien juridique aux victimes, devoir de mémoire : nos bénévoles ont servi toute l’année 2014, sur le terrain, ces missions au service des personnes LGBT, mais également du grand public. Si Équinoxe a conservé sa ligne militante, elle a aussi su attirer à elle et fédérer les énergies grâce à une diversification de ses activités ludiques et conviviales.
La force d’Équinoxe est avérée par une augmentation sensible de ses adhérents : +30% en 2014 ! Dans cette période où les porte-flingues de la droite locale et du FN se sont ligués contre nous, tous les indicateurs sont au vert pour l’association. Son bilan a logiquement été largement conforté par le vote des adhérents en Assemblée générale, le 15 novembre 2014. Le bilan de notre président et de toute l’équipe sortante a été plébiscité. Conforté par les votes, le CA a été élu à l’unanimité et s’est dans le même temps ouvert à de nouveaux responsables, dont certains adhérents issus de la nouvelle génération, qui n’a pas connu les combats passés, mais s’engage avec enthousiasme pour faire vivre plus que jamais l’association et ses engagements. La nouvelle équipe, largement renouvelée et augmentée, est marquée par la mixité (4 femmes pour 5 hommes) et par sa capacité à représenter la diversité LGBT, chacune de ses lettres étant représentée dans l’équipe.

Le 13 décembre prochain,
soucieuse de toujours aller de l’avant et de tourner cette page, Équinoxe Nancy Lorraine (Centre LGBT de Lorraine-Sud) inaugurera ses nouveaux locaux, en plein centre-ville de Nancy.

Après le temps des bilans, ce sera celui de la fête !

 

 
L’équipe d’Équinoxe Nancy Lorraine

Equinoxe a 10 ans et s'engage dans l'unité

Communiqué de presse du 21 janvier 2018
Le 20 janvier 2018 au siège du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Équinoxe a convié ses membres à l’assemblée générale annuelle, qui vient de conclure sa dixième année d’existence, dans une forte unité symbolisée par l’approbation à l’unanimité des rapports d’activité et financier. L’occasion de faire le point sur nos activités.
Notre association compte désormais 181 membres à jour de cotisation, ce qui la place à égalité avec son homologue et aînée messine Couleurs Gaies. Constituée en Centre LGBT depuis février 2012, Équinoxe travaille main dans la main avec l’Association Nationale Transgenre et accueille désormais dans ses locaux le siège social de l’association étudiante Spoutnik et, depuis juin, l’Association Culturelle Gaie et Lesbienne des Sourds de France (ACGLSF).
Dix ans après sa fondation, les équipes de l’association ont évolué. Équinoxe n’a toutefois pas perdu une marque de fabrique qui a fait son succès : une fermeté implacable sur les revendications et l’indépendance vis-à-vis des élu·e·s. Sans sectarisme certes, mais sans compromission également. Partenaire du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle depuis ses débuts, le centre et ses associations membres travaillent chaque semaine à l’accueil des personnes LGBTI.
Cet accueil est organisé dans des conditions spartiates : locaux exigus, travail entièrement bénévole, matériel de récupération tous azimuts. Et pour cause : le Centre LGBTI de Nancy est sans doute le moins bien financé de France ! Même si le Conseil départemental nous a affirmé son soutien (y compris les élu·e·s d’opposition), notre trésorerie repose sur un volume de dons par nature fluctuant. Nous faisons alors avec les moyens du bord, avec détermination et solidarité.
Acteurs associatifs responsables, nous avions entamé un dialogue franc mais constructif avec la Ville de Nancy. Après une réunion électrique en janvier avec les élu·e·s de la majorité, nous avions accepté de porter la parole associative lors de l’hommage annuel à Jean- Pierre Humblot, victime d’un meurtre homophobe et transphobe le 1er aout 2003. Toutefois, cet évènement a été boycotté par l’Association Nationale Transgenre après que la Ville a refusé d’apporter une réponse honnête sur le dossier des notifications de changement de prénom. D’une main, la municipalité nous invitait au dialogue et, de l’autre, injuriait les nôtres. Que dire ? Que faire ? Pour l’heure, alors que l’échec très prévisible du projet municipal de « Maison LGBT » est désormais patent, nous avons d’autres chats à fouetter que de déblayer un champ de ruines.
Notre travail quotidien est marqué, depuis près de 2 ans, par l’accompagnement des personnes LGBTI en situation de demande d’asile. Plus de cinquante d’entre elles a passé nos portes, depuis l’ouverture d’un programme d’accompagnement entièrement bénévole. Notre travail consiste alors, en complément des travailleurs sociaux de l’ARS et des CADA, à renforcer une estime de soi malmenée par une gestion calamiteuse de l’État, à peaufiner les « récits de vie » envoyés à l’OFPRA et à la CNDA et à préparer les rudes entretiens où elles sont appelées à se rendre, pour « justifier », « prouver » leur orientation sexuelle et le danger que cette dernière leur fait courir.
Nous avons sensibilisé nos membres au parfum d’amateurisme qui se dégage de la gestion de ce dossier par les élus nationaux et locaux. Ainsi, la circulaire Collomb du 12 décembre 2017 remet en cause l’accueil inconditionnel des personnes en situation de demande d’asile : les proxénètes, trafiquants et autres magouilleurs s’en frottent les mains. La position des élus locaux visant à démanteler le centre d’hébergement de la Caserne Faron n’est guère mieux inspirée.
Comme à l’accoutumée, nous n’avons pas esquivé les enjeux des élections de 2017. Nous avons pris position point par point, localement et nationalement (via la Fédération LGBT). Un nouveau cycle politique s’est ouvert, et nous attendons l’égalité de traitement de tou·te·s citoyen·ne·s face à l’assistance médicale à la procréation, et un débat enfin apaisé sur la GPA, prenant en compte avant tout l’intérêt des enfants et des familles.
Quelques dossiers ont été, cette année et faute de temps, remisés à plus tard. Nous misons sur 2018 pour peaufiner notre organisation. Nous avons bénéficié de l’aide précieuse de nos partenaires de l’IREPS (Instance Régionale d’Éducation et de Promotion de la Santé), dans le cadre de nos travaux sur les interventions en milieu scolaire. Les partenariats fructueux engagés avec AIDES Lorraine devraient être reconduits cette année, là encore dans la convivialité et le souci permanent de proposer un service de qualité à l’ensemble de nos usager·e·s en matière de santé.
Après dix ans de travail déterminé, nous nous sommes donnés rendez-vous pour la Marche des Fiertés LGBTI en juin et pour la prochaine assemblée générale qui aura lieu en janvier 2019.

Mardi 1er août : Hommage à Jean-Pierre Humblot

A Nancy, le 31 juillet 2017
Mardi 1er août 2017 à 18h30, Équinoxe Nancy (Centre Lesbien Gay Bi Transgenre et Intersexe [LGBTI] de Lorraine-Sud), prendra part à la cérémonie annuelle en hommage à Jean-Pierre Humblot, victime d’un meurtre homophobe et transphobe à Nancy le 1er août 2003.
Pour la première fois depuis près de 10 ans, Équinoxe prendra la parole pour les associations nancéiennes, sur proposition de la Ville de Nancy. Dans un esprit d’ouverture, nous avons accepté cette invitation qui marque la fin d’une attitude trop ouvertement hostile à notre égard. Si de profondes divergences perdurent, nous nous accordons sur la nécessité de rendre un hommage solennel à Jean- Pierre Humblot, victime transgenre d’une série d’agressions homophobes.
Nous rappelons néanmoins que, sur des formes plus pernicieuses de LGBTI-phobies, la Ville de Nancy a encore d’immenses progrès à faire dans ses pratiques quotidiennes. L’Association Nationale Transgenre a par exemple récemment saisi le Défenseur des Droits quant à l’attitude discriminatoire des services municipaux à l’égard des personnes transgenres, à l’occasion des démarches de changement de prénom. Ces manquements ont d’ailleurs conduit l’Association Nationale Transgenre à boycotter, à juste raison selon nous, cette cérémonie. Nous attendons désormais une évolution positive et pro-active de nos interlocuteurs municipaux sur ce dossier.
Au-delà de ces désaccords de fond, à propos desquels les associations du Centre LGBTI+ resteront des interlocutrices intransigeantes, Équinoxe persiste à rappeler que cette cérémonie doit constituer, en plus de l’hommage à l’individu, un moment pédagogique et militant fort.
Si l’égalité des droits progresse en France, en Europe et dans le monde, l’actualité nous rappelle constamment à la réalité : l’homophobie et la transphobie tuent. Quand elles ne tuent pas, elles font des dégâts considérables. Les terribles agressions de Metz fin 2016, de St-Dizier et St-Dié en juin 2017 (pour se limiter à des faits récents et proches de nous) sonnent comme un cruel rappel. L’électrochoc et l’émotion causés par la mort du célèbre Jeannot en août 2003 ne doivent pas tomber dans l’oubli. Jean-Pierre Humblot ne doit pas être « mort pour rien ». Chaque individu doit pouvoir vivre son identité, son genre, ses orientations affectives et sexuelles librement, en sécurité, sans risquer constamment son intégrité ou sa vie. Les excentriques, les folles, les non-conformes ont tout autant que les autres le droit à l’égalité et au respect.
C’est le message que notre présence doit faire passer auprès de toutes et tous, personnes LGBTI ou non, représentant·e·s institutionnel·le·s ou badauds. L’hommage à Jeannot nous rappelle constamment au devoir de mémoire et à la responsabilité face à tous les discours, haineux ou plus ambigus, qui tendraient à faire des personnes LGBTI des citoyen·ne·s au rabais.
Équinoxe Nancy, soutenue par ses partenaires, continuera de s’engager dans ce nécessaire travail mémoriel, qui ne souffre aucun compromis avec celles et ceux qui tentent de s’approprier politiquement nos combats sans vouloir payer le prix d’un positionnement clair et sincère sur les valeurs d’égalité stricte qui sont notre moteur au quotidien.
Jérémy BAUDOIN
Kévin GALET