10 Mars 1971, date clé du mouvement LGBT+ en France

10 Mars 1971, date clé du mouvement LGBT+ en France

Le 10 mars 1971, Ménie Grégoire, célèbre animatrice radio, présente son émission « Allo Ménie », en direct sur RTL. Ce soir là, l’émission a pour titre “L’homosexualité, ce douloureux problème”. Au micro défilent un prêtre et un psychanalyste. Ils donnent une vision misérabiliste et pleine de clichés de l’homosexualité . On entend les mots de « drame », « phase », « souffrance », « culpabilité » créant de vives réactions dans le public. Jusqu’à ce que des personnes fassent irruption sur la scène pour s’emparer du micro. La féministe Anne-Marie Fauret s’exclame : « Ne parlez plus de notre souffrance ! ». Le journaliste Pierre Hahn scande « Liberté ! ». L’émission est alors interrompue.

On sait aujourd’hui que les militant·e·s infiltré·e·s dans le public étaient en fait, pour la plupart, membres du MLF (Mouvement de Libération des Femmes). C’est grâce au statut de journaliste de Pierre Hahn qu’iels ont pu obtenir des accréditations pour rentrer dans la salle Pleyel.

Cet évènement fut charnière pour le mouvement LGBT+ en France. D’une part car c’est l’une des premières fois que des lesbiennes et des homosexuels s’emparaient ainsi de l’espace médiatique, en étant visibles, à une époque où l’homosexualité était encore peçue comme une souffrance ou une déviance.

D’autre part, cet acte militant débouchera sur la création du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) et du groupe des Gouines Rouges, qui continueront à militer pour les droits des personnes homosexuelles dans les années qui suivent.

Les militant·e·s devant la salle Pleyel après leur action. © Catherine Deudon / Bibliothèque Marguerite Durand / Roger-Viollet

Pour aller plus loin sur le 10 mars et le mouvement LGBT+ :