Lou Sullivan, un militant trans à l’avant garde

Lou Sullivan

Louis Graydon Sullivan est né dans le Wisconsin en 1951. Très tôt, il commence à se questionner sur son genre. A partir de l’âge de 10 ans, il commence à tenir un journal intime dans lequel les questions de genre et de sexualité sont très présentes. 

Lou Sullivan en 1974
Lou Sullivan en 1974, ©GLBT Historical Society

Il déménage à San Francisco, bassin de la communauté LGBTQ+, au milieu des années 70. En tant qu’homme trans et gay, il peine à trouver un médecin qui accepte de lui prescrire un traitement hormonal. Cette identité d’homme trans homosexuel va marquer son militantisme, à une époque ou le fait d’être trans et gay n’est pas reconnu par les professionnels de santé. Autrement dit, il ne cochait pas les cases de ce que les médecins encadrant les parcours de transition avaient l’habitude de voir (il n’avait jamais eu d’idées suicidaires, aimait les hommes, avait eu une enfance heureuse…).

Note écrite par Lou Sullivan en 1979
Note écrite par Lou Sullivan, qui fait part de la décision de sa « candidature » auprès de la clinique : « Demande [de THS] d’octobre 1979 rejetée en mars 1980, ‘mon histoire était atypique’ »…

Il fait ainsi pression sur l’Association Américaine de Psychiatrie ainsi que la Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association, pour améliorer la prise en charge de personnes trans. Finalement, il trouvera d’autres médecins qui accepteront de lui prescrire un traitement hormonal, puis effectue sa mammectomie en 1980.

Lou Sullivan lors d'un pique nique avec des amis
“Pour Lou, un des plus grands plaisirs de la vie était de sentir le soleil sur son torse, lisse et masculin. Le voici lors d’un pique-nique avec des amis au Golden Gate Park en 1981”. ©GLBT Historical Society

Membre fondateur de la Gay and Lesbian Historical Society (aujourd’hui GLBT Historical Society), il met également en avant son talent d’auteur dans la revue associative The Gateway. Il y publie des chroniques abordant sa vie d’homme trans. Il écrit également le tout premier guide de transition pour les hommes trans. Par la suite, il publie la biographie de Jack Bee Garland, aventurier, infirmier et auteur trans ayant vécu à San Francisco au début du XXème siècle. 

Il a grandement contribué à ce que le genre soit différencié de l’orientation sexuelle dans les parcours de transition et dans les recommandations de soins internationales. Il a passé les dernières années de sa vie à éduquer, informer les professionnels de santé sur cette question. C’est donc tout naturellement qu’il a légué ses archives personnelles à la GLBT Historical Society de San Francisco qui les a rendues publiques sur son site internet.

Il meurt des suites du virus du sida en 1991.

“Une de mes plus grandes peur est que je vais mourir avant que le personnel de santé [prenant en charge des personnes trans] ne sache que quelqu’un comme moi existe, et donc je n’existerai plus vraiment pour leur donner tord.” 

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