Inauguration de la Maison LGBT de Nancy : Equinoxe explique son retrait

Le 22 mai 2014, par une délibération votée à l’unanimité, le Conseil d’administration d’Equinoxe Nancy Lorraine (Centre LGBT de Lorraine-Sud) a renoncé à intégrer en l’état la Maison LGBT de Nancy, qui sera inaugurée en grande pompe ce samedi 22 novembre.

Cette décision a priori surprenante, vue de l’extérieur, a été largement commentée ces 6 derniers mois, suscitant de nombreuses réactions, positives comme négatives. Hélas, notre association n’a jamais réellement pu expliciterles multiples éléments qui l’ont poussée à ce retrait. Puisqu’il est impossible de synthétiser en quelques communiqués plusieurs années d’une relation très complexe entre Equinoxe, la Ville et les autres associations LGBT, nous avons décidé de publier un dossier de presse, afin d’avoir enfin l’opportunité de développer, une bonne fois pour toutes, tous nos argumentset ainsi couper court aux approximations, rumeurs et autres mensonges glanés sur la toile. A défaut d’être unanimement approuvée, notre position sera au moins sans ambiguïté.

Ce dossier est composé d’une note de synthèseénumérant les grandes lignes de notre argumentation, notamment destinée aux partenaires médiatiques. Nous y avons ajouté, pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le dossier, une longue déclaration de XXpages, largement enrichie de documents et de références extérieures pour démontrer ce que nous avançons, difficile à appréhender pour un œil non exercé aux arcanes du milieu associatif LGBT nancéien. 

Lors du dernier Conseil municipal de la Ville de Nancy, lundi 17 novembre, Chaynesse Khirouni, députée de Meurthe-et-Moselle et conseillère municipale de l’opposition socialiste, a interpellé la majorité UDI-UMP sur l’absence d’unité du projet « Maison LGBT » et sur le retrait d’Equinoxe. En guise de réponse, Lucienne Redercher, adjointe aux droits de l’Homme, s’est fendue d’un double mensongedont elle a le secret, affirmant d’une part qu’Equinoxe « avait rompu avec la Ville de Nancy à la Marche des Fiertés de Nancy », et d’autre part « qu’elle n’en avait pas compris les raisons ».

Equinoxe Nancy Lorraine réaffirme en passant qu’elle n’a pas rompu avec la Ville de Nancy, comme le prouvent ses travaux avec le Collectif Sida & Hépatites de la Ville, avec qui elle prépare l’imminente Journée mondiale de lutte contre le sida du 1erdécembre, mais uniquement avec ses élus et collaborateurs qui lui manifestent une évidente hostilité depuis des mois, voire des années.

Par ailleurs, les raisons de la passe d’armes avant la Marche ont été clairement expliquées au publiclors des discours et ceux-ci ont été publiés intégralement le soir même par souci de transparence. Elles ont également été expliquées sur le podium à Lucienne Redercher, dont les seules réponses avaient alors été : « Vous êtes sur mon territoire, ici ! » et « Si vous faites ça, vous n’aurez plus de subventions ! ».

Une grotesque tentative d’intimidation qui n’a fait que renforcer notre conviction que nous n’étions plus les bienvenus aux côtés de la Ville de Nancy, dont le nouveau maire avait déjà balayé avec condescendance, le 20 avril dernier, notre interpellation sur la délégation aux écoles municipales de Pierre de Saulieu, ex-responsable de la Manif pour Tous. Laurent Hénart nous avait appelés à la tolérance envers la Manif pour Tous (un comble !) et avait promis que « tout cela allait s’évacuer », puisque le conseiller municipal avait soi-disant quitté le mouvement homophobe. Entretemps, M. de Saulieu a appelé à la mobilisation LMPT du 5 octobre, faisant passer M. Hénart et ses satellites associatifs pour les ravis de la crèche, alors qu’ils nous insultaient d’extrémistes depuis avril !

Absence de démocratie interne, conflits d’intérêts, mainmise de partis politiques, transphobie, liens troubles avec la Manif pour Tous et le Front National, absence d’unité associative : le projet         « Kreuji » a été entaché de bien trop de graves dysfonctionnements pour que nous puissions y rester sereinement, sans risquer de mettre en péril nos structures associatives et nos bénévoles.

Equinoxe déplore d’avoir eu à quitter ce comité de pilotage,
mais soucieuse de toujours aller de l’avant, elle continuera de développer, avec indépendance et combativité, ses nombreuses activités au service des personnes LGBT et leurs ami-e-s dans la région.

Forte d’un bilan 2014 plébiscité et d’une nouvelle équipe gonflée à bloc,
Equinoxe inaugurera ses nouveaux locaux du Centre LGBT de Lorraine-Sud, le samedi 13 décembre prochain, en plein cœur de Nancy, sur le Point Central.